Huitième shogun Ashikaga
Ashikaga Yoshimasa
足利義政 · 1436–1490 · Époque de Muromachi
Ashikaga Yoshimasa (足利義政) fut un shogun faible mais un grand mécène des arts. Comme dirigeant, il fut proche du désastre ; comme amateur de beauté, il contribua durablement à façonner le goût japonais. Une grande partie de ce que l'Occident considère comme la culture japonaise « classique », la cérémonie du thé, la peinture à l'encre, le jardin de rochers, a pris sa forme raffinée sous son règne.
Un dirigeant qui préférait créer la beauté
Yoshimasa avait peu de goût pour gouverner. Il laissa à d'autres une grande partie de la gestion du pays, et une querelle sur sa succession contribua à déclencher la guerre d'Ōnin, un conflit de dix ans qui réduisit en cendres une grande partie de Kyoto. Lassé de la politique, il se retira du pouvoir et se consacra entièrement à l'art. Il fit construire le Pavillon d'argent, Ginkaku-ji, comme retraite paisible, et rassembla autour de lui les maîtres du thé, de la conception des jardins, de la peinture et de la composition florale. Le style raffiné et discret de ce cercle est aujourd'hui appelé la culture Higashiyama, du nom des collines où il vivait.
Le bol revenu laid
Une histoire célèbre relie Yoshimasa au kintsugi, l'art de réparer la céramique brisée avec de l'or. Son bol à thé préféré se fissura, et il l'envoya en Chine pour être réparé. Il revint agrafé de vilaines pinces métalliques, et il en fut si mécontent que des artisans japonais cherchèrent une manière plus belle de le réparer. Leur réponse, joindre les fragments avec de la laque et de l'or, si bien que la fissure devienne la plus belle partie du bol, devint le kintsugi. L'histoire relève peut-être plus de la légende que du fait, mais elle correspond bien à l'homme : quelqu'un qui transformait une chose brisée en quelque chose de meilleur.
Portrait: Attributed to Tosa Mitsunobu · Public domain · via Wikimedia Commons